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Stérilisation médicale : penser aux conséquences
La stérilisation renvoie à une méthode de contraception
chirurgicale (ligature des trompes pour les femmes,
vasectomie pour les hommes). Efficace à 99,99
%, cette intervention semble séduire par le fait qu’elle évite d’avoir recours aux méthodes habituelles de
contraception. Pourtant, à cause de son caractère
définitif, certains gynécologues et médecins
hésitent…
En France, la stérilisation concerne environ
50 000 femmes. Pour les hommes, la vasectomie à visée contraceptive n’étant reconnue
que depuis 2001, on ne sait pas véritablement les
chiffres de sa fréquence. D’autre part, bien que plus
facile et moins coûteuse, la stérilisation masculine
peut être psychiquement vécue chez les messieurs
comme une véritable castration…
L’intervention
Pour les femmes, l’intervention consiste à obturer
les trompes de Fallope afin que les spermatozoïdes
ne rencontrent plus l’ovule. Elle se pratique sous
anesthésie locale ou générale et demande une quinzaine
de minutes. La méthode est permanente et
quasi irréversible. Elle ne laisse aucune place au
doute. Revenir sur sa décision peut être coûteux et
compliqué, parfois même impossible.
Pour les hommes, il s’agit de ligaturer le canal déférent
de chaque testicule. L’érection n’est pas remise
en cause. La vasectomie est relativement réversible.
Pourtant, l’opération inverse, la vasovasostomie,
n’est pas toujours un succès (25 % de refertilisation),
la personne vasectomisée créant avec le temps
des anticorps contre ses propres spermatozoïdes.
Des arguments qui ne font pas toujours le poids !
Une des motivations qui fait qu’une femme choisisse
de se faire ligaturer les trompes est le fait que la
pilule ça fait grossir. L’argument ne fait pas vraiment
le poids dans la mesure où il suffit d’adapter
le moyen de contraception avec les conseils d’un spécialiste pour régler le problème. Par ailleurs,
opter pour une stérilisation simplement sous ce prétexte
est un peu léger. Les praticiens restent donc
très prudents et doivent s’assurer qu’il n’y a plus de
désir d’enfant. Mais comment savoir ? Il n’y a que
les imbéciles qui ne changent pas d’avis affirme le
dicton ! Et puis encore faut-il que désir conscient et inconscient soient en accord…
Bien réfléchir
On peut avoir l’impression de vouloir quelque
chose très fort consciemment et ne jamais pouvoir
le réaliser. Comme si le sujet était touché par une
sorte de malédiction. Mais c’est sans compter sur
l’existence de cette instance – l’inconscient – qui ne
voit pas les choses de la même manière. Pour se
convaincre de ses manifestations, il suffit de considérer
ce phénomène étrange qui fait que le conjoint
prend parfois quelques kilos au moment où sa compagne
est enceinte. Hasard ou coïncidence ?
Martine, pour sa part, semble émettre plus que tout
le désir de se marier et d’avoir des enfants.
Pourtant, à 42 ans, elle est toujours célibataire.
C’est bien qu’il existe un hiatus entre ce que l’on
croit désirer et ce vers quoi nous sommes réellement
appelé(e)s. Choisir de se faire stériliser ne
veut donc pas fatalement dire que l’inconscient soit
en adéquation avec cette décision, même mûrement
réfléchie. Parfois, le corps – siège de conflits sous-jacents – l’exprime à sa façon. Comment expliquer
les cas – certes rares mais pourtant réels – où, malgré
cette méthode, un enfant se profile à l’horizon ?
Abordées sous cet angle, certaines prises de poids,
faisant suite à une stérilisation librement consentie,
s’éclairent d’un jour nouveau… Ne dit-on pas d’une
femme enceinte qu’elle est grosse ?
Le choix d’une stérilisation engage par conséquent
l’être tout entier. En laisser porter la charge aux
seuls médecins et gynécologues explique les légitimes
hésitations de ceux-ci. Aussi, choisir de consulter
un spécialiste de la psyché avant de prendre sa
décision apportera un maximum d’éléments pour
que l’intervention, si elle doit avoir lieu, ne soit pas
parasitée par quelques regrets conscients ou inconscients
et ne se transforme in fine en grossesse nerveuse...
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